Acte éco » Développement durable » Énergie solaire en France : ce que les chiffres de 2026 révèlent sur la filière

Le solaire photovoltaïque s’est imposé comme l’une des grandes réussites de la transition énergétique française. Avec 33 GW de puissance cumulée au 31 mars 2026 et un record de 5,9 GW raccordés en 2025, la filière accélère pour la troisième année consécutive. Elle couvre désormais 9,5 % de la production électrique nationale, soit une hausse de 24 % par rapport à 2024. Reste à savoir si ce rythme suffira à tenir les objectifs fixés par la PPE3.

Un cap historique franchi, des ambitions encore plus élevées

La Programmation Pluriannuelle de l’Énergie publiée en février 2026 fixe un objectif à 48 GW d’ici 2030, puis entre 55 et 80 GW d’ici 2035. Partant de 33 GW, il faudra donc ajouter au moins 15 GW en moins de quatre ans, soit plus de 5 GW par an. Un niveau que la filière a tout juste atteint pour la première fois en 2025.

Le marché se concentre de plus en plus sur les grandes installations et le segment commercial-industriel. Le résidentiel, lui, recule légèrement, avec 929 MW raccordés en 2025 contre 1 080 MW en 2024, dans un contexte de baisse des tarifs de rachat sur les petites installations. C’est dans ce paysage que des acteurs comme Photosol, fondé en 2008, ont construit un positionnement solide : 93 sites en exploitation, 1,4 GWc en exploitation, construction et projets prêts à construire, et 272 800 tonnes de CO₂ économisées en 2025.

Côté prix, le dernier appel d’offres de la CRE (décembre 2025) a attribué 507,7 MW à un prix moyen de 74,13 €/MWh, contre 79,48 €/MWh lors de la période précédente. La baisse reflète la maturité croissante du marché et une compétition plus vive entre développeurs.

L’agrivoltaïsme et les ombrières : deux moteurs réglementaires

La loi APER de mars 2023, précisée par un décret d’avril 2024, a donné un cadre légal clair à l’agrivoltaïsme. Concrètement, un éleveur peut désormais laisser son troupeau pâturer sous des panneaux surélevés tout en percevant des revenus complémentaires. En juin 2026, l’ADEME a publié la méthode PALIE, un outil d’évaluation des projets agrivoltaïques pour aider les territoires à distinguer les projets vertueux des simples opportunités foncières.

Les ombrières de parking constituent l’autre levier de la loi APER. Depuis le 1er juillet 2026, les parkings extérieurs d’une certaine superficie sont soumis à une obligation d’équipement solaire, ce qui génère une demande structurelle nouvelle pour les industriels et les collectivités. Photosol couvre ce segment via ses filiales Mobexi et ENER 5, acquises respectivement en 2022 et 2024.

Sur le front de l’agrivoltaïsme, Photosol revendique 350 ha sur ses 819 ha totaux de parcs. Depuis 2013, son site de Marmanhac dans le Cantal fait l’objet d’une étude conduite avec l’INRAE, qui documente la production de biomasse maintenue sous les panneaux.

Creil : une centrale qui symbolise les grandes ambitions du secteur

Le 2 juillet 2026, Rubis Photosol a inauguré la deuxième plus grande installation photovoltaïque au sol de France sur l’ancienne base aérienne de Creil, dans l’Oise. Le site regroupe 331 830 panneaux pour une puissance de 202 MWc, répartis sur 147 hectares, avec 100 hectares maintenus en prairie naturelle. La production annuelle attendue avoisine 202 GWh, de quoi couvrir la consommation de 85 000 personnes.

Le financement du projet illustre une tendance de fond : 130 millions d’euros ont été levés auprès de six banques françaises dont Bpifrance, et plus de 400 investisseurs particuliers de l’Oise ont participé via deux campagnes de financement participatif, pour un total de 3 millions d’euros. Ce type de montage, qui associe financement bancaire classique et ancrage territorial, devrait se multiplier à mesure que la filière cherche à gagner en acceptabilité locale.

La centrale de Creil s’inscrit dans le plan national « Place au Soleil », lancé en 2018 par le ministère des Armées pour mobiliser jusqu’à 2 000 hectares de foncier militaire inutilisé. Trente-deux sites ont été retenus dans ce cadre à ce jour. Un modèle de reconversion qui, au-delà du symbole, offre une réponse concrète à la raréfaction du foncier disponible pour les grandes installations au sol.

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