Près de 70 000 entreprises ont connu une défaillance en 2025, un niveau inédit depuis la crise des subprimes. Derrière ces chiffres, des artisans, des transporteurs, des commerçants qui continuent pourtant à travailler, notamment en redressement judiciaire, et qui ont besoin de leurs outils. Le véhicule professionnel fait partie de ces indispensables. Sauf que lorsque le bilan est dégradé, la banque ferme la porte.
Des besoins réels malgré un dossier fragilisé
94 % des entreprises touchées par une procédure collective en 2025 employaient moins de dix salariés. Construction, commerce, transport : ce sont précisément les secteurs où un utilitaire, un poids lourd ou un engin de chantier n’est pas un confort mais un outil de survie économique. Sans véhicule, pas de chantier, pas de livraison, pas de chiffre d’affaires.
Le problème, c’est que le crédit bancaire classique n’est plus accessible dès lors qu’un incident de paiement, un fichage Banque de France ou une procédure judiciaire apparaît au dossier. Le refus est souvent automatique, même pour une entreprise en redressement judiciaire qui, rappelons-le, continue légalement son activité pendant toute la période d’observation. Le redressement n’est pas une liquidation : l’entreprise tourne, les salariés travaillent, les clients attendent leurs commandes.
La location longue durée, une logique différente du crédit
La location longue durée repose sur un mécanisme distinct du prêt bancaire. Le bailleur reste propriétaire du véhicule ; il analyse la capacité de l’entreprise à honorer un loyer mensuel, pas la solidité de son bilan à date. C’est cette nuance qui ouvre la porte à des profils habituellement exclus du financement classique.
Des acteurs spécialisés proposent un financement pour véhicule professionnel adapté aux sociétés en difficulté, avec des loyers à partir de 300 € par mois HT, des durées de 24 à 60 mois et un réseau de plus de 80 marques partenaires. Les dossiers sont étudiés au cas par cas, avec une réponse généralement rapide. Ce n’est pas une solution universelle, et chaque demande reste soumise à analyse individuelle, mais c’est une piste concrète là où le circuit traditionnel est bloqué.
Sur le plan comptable, les loyers sont intégralement déductibles en charges d’exploitation, ce qui préserve la trésorerie sans alourdir le bilan. Le véhicule n’apparaît pas à l’actif, un avantage non négligeable pour une entreprise qui cherche à stabiliser ses ratios financiers.
Ce qu’il faut vérifier avant de s’engager
Toutes les situations ne sont pas éligibles. La LLD pour entreprises en difficulté s’adresse aux sociétés encore en activité : mauvais bilan, refus de crédit, redressement judiciaire. Une entreprise en liquidation judiciaire, dont l’activité est arrêtée, n’entre pas dans ce cadre. La distinction est importante à poser clairement avant toute démarche.
Par ailleurs, les contrats varient selon les bailleurs. Certains incluent une option d’achat en fin de contrat, d’autres non. Les conditions de restitution, les kilométrages autorisés et les garanties exigées méritent une lecture attentive. Dans un contexte de tension financière, signer un contrat mal adapté peut fragiliser davantage la trésorerie plutôt que la soulager.
Pour les dirigeants de TPE et PME confrontés à un refus bancaire, la LLD spécialisée représente une voie à explorer sérieusement, à condition de comparer les offres et d’évaluer la soutenabilité du loyer mensuel dans le budget prévisionnel.


