Acte éco » Entreprise » Chaussures de sécurité au travail : combien de paires par an et quelles obligations ?

Depuis la fin de la période de transition en 2024, toutes les chaussures de sécurité commercialisées en France doivent respecter la norme EN ISO 20345:2022. Un changement réglementaire qui remet sur le devant de la scène une question pratique que beaucoup d’employeurs traitent encore au cas par cas : à quelle fréquence renouveler les équipements de protection des pieds, et qui en assume la charge ?

Une obligation claire, une fréquence qui dépend du terrain

Le Code du travail est sans ambiguïté sur ce point : en vertu de l’article R4321-4, l’employeur est tenu de fournir gratuitement les équipements de protection individuelle (EPI) adaptés aux risques du poste, chaussures de sécurité incluses. Le renouvellement relève de la même obligation. Le salarié ne peut pas être mis à contribution financièrement.

En revanche, la loi ne fixe aucun rythme de renouvellement universel. Ce sont les conditions réelles d’utilisation qui font foi. Pour mieux anticiper les besoins, les professionnels s’appuient sur des recommandations pratiques : une paire tous les 18 à 24 mois pour un usage léger (entrepôt peu sollicité, bureau technique), une à deux paires par an pour un usage standard en atelier ou sur chantier modéré, et jusqu’à deux à quatre paires annuelles pour les postes intensifs, BTP, voirie ou logistique lourde. Pour aller plus loin sur ce sujet, la page consacrée aux chaussures professionnelles détaille ces recommandations secteur par secteur. Les lecteurs intéressés par d’autres enjeux liés aux conditions de travail trouveront également des ressources utiles sur la rubrique emploi-formation d’Acteco-3f.fr.

Norme EN ISO 20345:2022 et points de vigilance pour les employeurs

La mise à jour normative de 2022 a introduit un critère désormais obligatoire pour toutes les catégories : un test de résistance à la glissance sur sol céramique mouillé. Cela concerne aussi bien les modèles S1 et S2 que les S3, ces derniers incluant en plus la résistance à la perforation et une semelle anti-eau. À chaque renouvellement, il convient de vérifier que les modèles achetés affichent bien la conformité à cette version actualisée de la norme.

Autre point souvent négligé : l’usure interne d’une chaussure de sécurité, qu’il s’agisse de l’embout ou de la semelle anti-perforation, n’est pas toujours visible à l’œil nu. Mettre en place un protocole de contrôle périodique, documenter les fournitures et conserver les preuves d’achat constituent de bonnes pratiques, d’autant qu’en cas d’accident du travail, l’employeur doit être en mesure de prouver qu’il a bien fourni des EPI conformes. Le CSE, enfin, doit être consulté sur le choix des équipements, y compris leur fréquence de remplacement.

Gérer le renouvellement des chaussures de sécurité, c’est avant tout une question de méthode : adapter le rythme au poste, rester à jour sur les normes et conserver une traçabilité rigoureuse. Des précautions qui protègent autant les salariés que l’employeur.

Catégories : Entreprise

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